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Cancer du testicule : oui, on en guérit !

Thèmes Santé -> Homme
publié le 02/03/2005

Si le cancer du testicule est rare (1 % des cancers masculins, tous âges confondus), il totalise à lui seul le tiers des cancers survenant chez les 15-40 ans. C'est donc habituellement un cancer de l'homme jeune. En France, on dénombre chaque année environ 2 000 cas. Son pronostic dépend de son type et de la précocité du diagnostic.

Des facteurs favorisants incomplètement élucidés
Le seul facteur favorisant formellement identifié est la notion d’absence de descente d’un ou des deux testicules dans les bourses (les médecins parlent de cryptorchidie). Cette descente survient normalement chez le fœtus, au 7e mois. En cas de cryptorchidie, le risque de cancer est alors 35 à 40 fois plus important que dans la population générale et ce, même si la cryptorchidie a été diagnostiquée et traitée chirurgicalement dans la petite enfance.
La diminution de la taille du testicule (secondaire à un traumatisme ou à une infection) serait aussi favorisante.
Il existe en outre de multiples facteurs dont le rôle favorisant est controversé ou suspecté mais non formellement prouvé : géographique et ethnique (ce cancer surviendrait surtout chez les jeunes hommes blancs des pays du Nord), génétique, professionnel, environnementaux (sédentarité, alimentation, pollution) , pharmacologique (exposition in utero au distilbène), endocrinologique (puberté précoce)…


Attention au gros testicule…
Dans la plupart des cas, c’est le patient lui-même qui constate une augmentation de volume testiculaire ou qui ressent une lourdeur ou une douleur dans le testicule. Une gynécomastie, ou augmentation de volume des seins, existe aussi parfois. Cependant, gros testicule ne signifie pas automatiquement cancer : il peut s’agir aussi d’une inflammation (ou orchite), d’un œdème (hydrocèle) ou de veines dilatées (varicocèle). Cependant, au moindre doute, mieux vaut consulter sans attendre : seul votre médecin pourra vous rassurer… ou intervenir au plus vite pour limiter la progression d'une éventuelle tumeur.

Briser les tabous
Malheureusement, le plus souvent, les jeunes hommes n’osent pas consulter : timidité, peur, honte… Pourtant, les chances de guérison sont d’autant
plus importantes que le cancer est détecté précocement. Certains experts recommandent donc une autopalpation mensuelle, inspirée du modèle de l’autopalpation pour le dépistage du cancer du sein. Cet examen doit de préférence être pratiqué après un bain ou une douche chaude. La consigne reste bien évidemment toujours la même : au moindre doute, consultez !

Non pas un, mais des cancers
Il existe en effet plusieurs types de tumeurs en fonction du type des cellules qui se développent anormalement. Les tumeurs dites "germinales" sont de loin les plus fréquentes (95 % des cas). Elles se divisent en deux catégories : les séminomes (40 % de toutes les tumeurs testiculaires), de bon pronostic si le diagnostic est précoce, et les tumeurs dites germinales non séminomateuses (TGNS), plus "agressives".

Confirmer le diagnostic
Si l’examen clinique permet au médecin d’orienter son diagnostic, un certain nombre d’examens complémentaires sont indispensables pour l’affirmer. En premier lieu, l'échographie du contenu des bourses confirme la présence d'une masse testiculaire et s'assure de l'absence d'anomalie de l'autre testicule. Le dosage sanguin des marqueurs tumoraux (bêta-HCG et alpha-fœtoprotéine) est systématique ; l’élévation de l’un ou l’autre marqueur est fonction du type de la tumeur. Enfin, si le diagnostic est confirmé, un bilan radiologique "d’extension" (radiographie du thorax, scanner thoracique, abdominal et pelvien…) est réalisé : comme son nom l’indique, il permet de contrôler le degré d’extension de la tumeur et l’existence éventuelle de métastases. On ne pratique jamais de biopsie par crainte d'une dissémination des cellules cancéreuses.

Orchidectomie : inévitable
Le traitement repose sur l’ablation du testicule ou orchidectomie. Cette intervention, systématique, a un double rôle : diagnostique (confirmation du cancer et identification du type de tumeur) et thérapeutique. Elle est réalisée sous anesthésie générale. L’examen au microscope au cours de l’intervention affirme définitivement le diagnostic. Le type de la tumeur mais aussi son extension éventuelle à d’autres organes orientent le choix des traitements associés (chimiothérapie et radiothérapie)
et donnent également une idée du pronostic. Les séminomes sans extension, diagnostiqués très précocement, ont le meilleur pronostic de guérison.

Une mortalité en nette régression
Le cancer du testicule a bénéficié de très importants progrès thérapeutiques, notamment en chimiothérapie. Des formes autrefois jugées très graves sont désormais traitées efficacement. Pris en charge suffisamment tôt, ce cancer guérit dans 90 % des cas. Les chiffres ne font état que de 2 à 5 % de récidive dans les 25 années qui suivent la guérison. Une surveillance est néanmoins indispensable pendant les 5 à 10 ans qui suivent le traitement, tous les six mois pendant deux ans puis une fois par an par la suite. Cette surveillance inclut notamment un scanner abdominal et thoracique, une radiographie pulmonaire et un dosage sanguin des marqueurs tumoraux. Outre la remarquable amélioration du pronostic, la reprise d’une vie normale est tout à fait possible, comme en témoignent les nombreuses victoires du célèbre coureur cycliste Lance Armstrong, vainqueur de son cinquième Tour de France après avoir été déclaré guéri en 1996 de son cancer du testicule…
Mais pour mettre toutes les chances de votre côté, n’hésitez pas, surmontez vos craintes ; au moindre doute, consultez !

Dr Eva Gulesser

Autopalpation, mode d’emploi
· Face à un miroir, vérifiez l’absence de gonflement au niveau de la peau ou du scrotum.
· En utilisant les deux mains, index et majeur sous le testicule, pouce dessus, palpez un testicule puis l’autre. Cette manipulation n’est normalement pas douloureuse. Si les deux testicules sont de taille très différente, consultez !
· Si vous sentez quelque chose qui ressemble à un petit tube ne vous inquiétez pas : c’est le canal spermatique qui sert à recueillir et transporter le sperme. Ne le confondez pas avec une tumeur qui se développe plutôt sur le devant ou les côtés du testicule. (Cela dit, mieux vaut consulter et être rassuré que passer à côté du diagnostic.)

Une fertilité préservée
Il est rare que les deux testicules soient atteints par le cancer.
Le "testicule rescapé" peut à lui seul assumer une production suffisante de sperme si le malade désire des enfants. Cependant, la chimiothérapie peut altérer
la formation des spermatozoïdes. C’est pourquoi le plus souvent, c’est avant l’orchidectomie que le médecin propose un prélèvement et une conservation du sperme si le patient désire des enfants (par procréation médicalement assistée). S’il le souhaite, une prothèse testiculaire peut aussi être mise en place lors de l’orchidectomie.

Source : Bien-être et Santé

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