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Saturnisme : une maladie toujours d'actualité 

Thèmes Santé -> Sécurité alimentaire
publié le 02/03/2005

Avec 85 000 enfants touchés* (âgés de 1 à 6 ans), l’intoxication au plomb reste un gros problème de santé publique en France. Découvert ou plutôt redécouvert dans les années quatre-vingt, le saturnisme – son autre nom – est en effet une maladie grave qui peut compromettre le développement intellectuel et psychomoteur de façon irréversible.


Plomb = poison

Certains l’appellent la "maladie des taudis" parce qu’elle touche surtout les occupants de logements insalubres. Les enfants la contractent en suçotant des écailles de peintures murales anciennes au plomb** ou en respirant des poussières chargées de ce métal. C’est la principale source de contamination. Malheureusement, les symptômes ne sont pas spécifiques : douleurs au ventre, pâleur, agitation, troubles du sommeil… et peuvent donc être attribués à tout autre chose, ce qui retarde le diagnostic.

Le plomb est un véritable poison. Une fois avalé ou inhalé, il diffuse dans le sang, s’accumule dans certains organes et dans les os et il y reste. Des troubles sanguins et rénaux apparaissent : anémie, insuffisance rénale… Puis les os sont touchés, de même que le cerveau, avec, comme conséquences, des troubles de la mémoire, une baisse du quotient intellectuel, des retards psychomoteurs, du langage, de la croissance et des problèmes scolaires.


Baisse du quotient intellectuel

Seule solution en cas de grande fatigue ou de perte d’appétit inexplicable : hospitaliser l’enfant. Des examens sanguins permettent de mesurer la concentration de plomb dans le sang (plombémie). La dose limite de plomb à ne pas dépasser est estimée à 100 microgrammes par litre de sang, mais certains enfants en accumulent 15 fois plus, au risque d’en mourir ! En cas d’intoxication, des cures répétées de "chélation" permettent heureusement d’éliminer le plomb présent dans le sang et les tissus, mais pas celui qui est stocké dans les os. La substance administrée "s’accroche" au plomb et forme avec lui un complexe qui s’élimine dans les urines. Mieux vaut donc réagir avant que les dégâts neurologiques ne soient irréversibles.

C’est entre 6 mois et 6 ans que les enfants sont le plus à risque. Parce qu’à cet âge, ils portent tout à la bouche, mais aussi parce que, chez un petit, 50 % du plomb absorbé passent dans le sang contre seulement 10 % chez un adulte. Or, proportionnellement (par rapport à leur poids), les enfants consomment déjà plus de plomb contenu dans l’alimentation (eau des canalisations anciennes, rognons, produits de la mer…) que les adultes. Autre raison : à imprégnation comparable, les effets toxiques – en particulier sur leur système nerveux central immature – sont plus importants et plus graves.

Les canalisations aussi

Autres causes possibles de saturnisme : les canalisations au plomb, interdites depuis un arrêté d’avril 1995 mais présentes dans les immeubles anciens. Les canalisations chargent l’eau de boisson en plomb avant qu’elle sorte du robinet. Pour éviter une intoxication :

* faites couler l’eau pendant quelques minutes avant de la consommer (boisson ou cuisine), et pas seulement le matin, pour ne pas boire de l’eau qui a stagné dans les canalisations ;

* donnez de l’eau en bouteille aux bébés et buvez-en si vous êtes enceinte ;

* n’utilisez pas l’eau chaude du robinet pour préparer un café, un thé ou cuire des légumes, des pâtes ou du riz : une température élevée facilite la migration des métaux dans l’eau ;

* entretenez régulièrement la robinetterie, en particulier les brise-jet (démontez-les pour enlever les impuretés accumulées) et les flexibles (à nettoyer ou remplacer en cas d’usure).


Ariane Théorelle

 

* Chiffre de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

**Largement utilisées jusqu’en 1948 et interdites depuis.

 

Le dépistage

Dans votre travail, vous êtes amené à manipuler du plomb ?

De la peinture s’écaille dans votre logement ou dans la cage d’escalier ? Parlez-en à votre médecin traitant, au médecin scolaireou au centre de PMI le plus proche.

Source : Bien-être et Santé

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