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Voyage en avion : attention aux contre-indications 

Thèmes Santé -> Environnement
publié le 26/07/2011

Embarquement immédiat pour un vol long courrier. Un voyage interminable avant d’atterrir en direction de la destination de vos rêves. Les conditions en cabine ne sont pas toujours idéales, entre un air plus sec et une variation de pression, pour celles qui présentent certaines pathologies. Les incidents en cabine restent heureusement rares et le plus souvent bénins à condition de bien vous préparer.

Clin d’œil

Les porteurs de lentilles ont déjà pu constater que l’avion pouvait leur causer quelques désagréments. «L’air climatisé des cabines assèche les yeux, explique le docteur Gilles Perrin, membre de la Société française de médecine aérospatiale. Plus le vol est long, plus le risque d’inconfort est grand, provoquant une irritation des yeux.» Prenez soin de retirer vos lentilles pour un vol supérieur à trois heures. Vous pouvez vous humidifier les yeux avec du sérum physiologique si vous en sentez le besoin. Si vous venez de subir une opération des yeux comme la cataracte, mieux vaut attendre quelques semaines avant d’embarquer.


Allergie et asthme : quelques précautions à prendre

Tout dépend de son origine ! «En cas d’allergie alimentaire, prévenez en amont le personnel de cabine pour vous prévoir des menus qui respectent votre régime d’éviction alimentaire, intervient le docteur Perrin. Pas de souci en revanche pour celles qui sont réactives au pollen. L’air de la cabine ne contient pas d’allergènes. Les personnes asthmatiques ne rencontreront pas de problème particulier, mis à part celui du stress lié au vol susceptible de déclencher une crise.» Avant un vol, relaxez-vous et évitez les heures de sommeil en retard. Dans tous les cas, prenez soin d’emmener avec vous tous vos médicaments et de ne pas les laisser en soute pendant le vol.


Du stress à la phobie...

Prendre l’avion n’est pas toujours très rassurant. Votre côté claustrophobe peut ressortir doublé d’une peur d’un attentat ou d’un problème technique. «Pour des vols de courte durée, j’arrive à me contrôler, explique Sandra qui doit prendre régulièrement l’avion pour son travail. Mais quand je dois rester 10 heures enfermée, je commence à paniquer. Dans ces cas-là, je prends un somnifère et j’écoute de la musique classique pour tenter de me calmer. Quand l’avion ne subit pas de turbulences, tout va bien.» Évitez surtout le recours à l’alcool ou à une prise de médicaments trop importante pour museler votre anxiété. Les fumeuses invétérées se poseront un patch à la nicotine avant le vol. Vous pouvez en revanche faire appel à des techniques de relaxation pour faire tomber les tensions. Si vous êtes phobique, ne commencez pas par un vol long courrier et voyagez en compagnie d’une personne proche qui pourra vous rassurer.

Encadrez bien votre diabète

Un vol peut être un bouleversement du rythme alimentaire, d’autant plus si le voyage implique un décalage horaire. Pas question pour les personnes diabétiques de prendre l’avion sans s’assurer d’avoir sur elles tous leurs médicaments pour ne pas prendre de risque pendant le vol. Le renforcement des contrôles de sécurité nécessite un certificat médical attestant de la pathologie pour être autorisé à transporter seringues et médicaments. L’ordonnance du médecin est aussi recommandée. La rigidité en matière de nourriture à bord est moindre. Vous pouvez transporter avec vous un encas adapté et prévenir dès l’achat de votre billet le personnel navigant de votre pathologie. L’insuline doit être maintenue à 25°. Un transport en soute est donc contre-indiqué. «En cas de vol transméridien, vous devrez vous synchroniser le plus vite possible pour respecter les doses injectées», insiste le docteur Perrin.


Mal de l’air ?

Il n’est pas réservé à la voiture et au bateau, même s’il est moins fréquent en avion, en ce qui concerne les adultes. Vous pouvez tout à fait souffrir de nausées à bord. Quelques précautions sont à prendre pour éviter que votre voyage ne se termine par des hauts le cœur. Avant d’embarquer, résistez aux orgies culinaires et aux plats arrosés. Choisissez une place stratégique au centre de l’avion pour limiter l’apparition du redouté mal au cœur. Adoptez une position semi couchée en fermant les yeux pour essayer de vous décontracter au maximum. Vous pouvez prendre un antinauséeux avant le voyage et demander une tisane aux hôtesses.

Dormez sur vos deux oreilles...

Vos oreilles sont malmenées en avion à cause de la dépression barométrique. Les affections ORL restent une contre-indication temporaire au vol, de la sinusite à l’otite. En cas de rhume, prévoyez un décongestionnant nasal pour votre confort. Au décollage, pour les personnes sensibles des oreilles, mâchez un chewing-gum pour limiter les manifestations d’oreilles bouchées. Les personnes souffrant de problème au niveau de l’oreille interne comme la maladie de Ménière, éviteront les vols long courrier pour ne pas déclencher une crise.


Un vol avec une maladie cardio-vasculaire ?

Mieux vaut éviter de prendre l’avion sans un avis médical au préalable. Certaines situations sont des évidences. En cas d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus, accordez-vous une phase de repos sans vol en prévision. Le principal problème provient de la baisse de la pression de l’oxygène en cabine qui peut venir perturber certaines affections cardiaques. Le pacemaker n’est pas une contre-indication mais évitez de passer le portique de détection pour ne pas biper. Une hypertension bien encadrée ne pose pas de souci. «En règle générale, à condition que votre état soit stable et que vous ayez vos médicaments à portée de main, vous pouvez prendre l’avion», note le docteur Perrin.

Le syndrome de la classe économique

Le plus grand luxe est l’espace, mais tout le monde n’a pas la chance de voyager en classe affaire qui offre le confort d’une place optimale pour vos jambes. Pour des vols courts, la classe éco ne posera pas de problème. Si vous avez 10 heures à passer confinée sur votre siège, des précautions seront nécessaires pour éviter des thromboses veineuses déclenchées par une position assise prolongée. Le sang circule plus difficilement et peut amener à une embolie pulmonaire. Mais pas d’inquiétude à avoir si vous prenez la peine de soulager vos veines pendant le voyage en vous levant régulièrement pour déambuler un peu en cabine. Quelques exercices de rotation des pieds pour décompresser les mollets endoloris favoriseront la circulation du sang. Prenez le temps de vous étirer et de changer de position régulièrement, quitte à embêter votre voisin.


Prenez soin de vos veines

Si vous soufrez déjà d’une insuffisance veineuse ou de varices, vous devrez particulièrement être vigilante sur un vol long courrier, surtout si le voyage est sans escale. Pensez à débuter une cure de phlébotoniques quelques jours avant le départ. Le port de bas de contention qui comprime le mollet, améliore la circulation sanguine et est indispensable. Une bonne hydratation est une des clés pour un voyage serein. L’air de la cabine étant très sec, le risque de déshydratation est élevé. Buvez régulièrement pour fluidifier le sang et limiter le risque de formation de caillot susceptible de provoquer une thrombose. Évitez les positions en tailleur ou le croisement de jambes qui ralentit le flux sanguin. En cas d’antécédent d’embolie pulmonaire, votre médecin peut vous prescrire une injection d’héparine, qui est un anticoagulant du sang pour prévenir l’apparition des caillots.


Premiers secours à bord

Y a-t-il un médecin dans l’avion ? Pas toujours ! En revanche le personnel de cabine est formé aux gestes de premiers secours et a une trousse médicale servant à prendre en charge les incidents en tout genre. Un défibrillateur est aussi souvent du voyage en cas d’arrêt cardiaque. Les compagnies aériennes sont de plus en plus équipées d’un système pour se mettre en liaison avec un médecin à distance. Dans tous les cas, si vous souffrez de pathologie particulière, n’hésitez pas à informer les hôtesses pour améliorer votre vol. Mieux vaut éviter de prendre l’avion si votre maladie n’est pas stabilisée (notamment pour les personnes souffrant d’épilepsie ou de troubles psychologiques).

Certaines contre-indications sont fermes et ne vous permettent pas de prendre l’avion pour ne pas mettre votre santé en danger. Les personnes qui sont concernées sont :


- Les femmes enceintes de plus de 7 ou 8 mois en fonction des compagnies et celles qui ont accouché moins d’une semaine avant le vol.


- Les bébés de moins d’une semaine.


- Les passionnées de plongée qui ont fait une séance intensive 24h avant le vol prévu.


- Les personnes ayant subi une intervention chirurgicale moins de deux semaines avant la date de départ, surtout s’il s’agit d’une opération touchant l’abdomen.


- Les malades souffrant d’une affection contagieuse comme la tuberculose.


- Les personnes souffrant d’une maladie cardiaque grave ou d’une forte hypertension.


- Les personnes présentant une anémie sévère.


- Certaines maladies pulmonaires comme le pneumothorax pour éviter les risques d’asphyxie.


Pour votre confort

Vous avez gardé le mauvais souvenir d’un vol long courrier où vous avez grelotté dans votre siège et où vous ne vous sentiez pas à l’aise ? Voilà quelques conseils pour que le vol se passe comme dans un cocon :


- Choisissez des vêtements décontractés comme un jogging pour être bien dans vos mouvements.


- Pensez à prendre une deuxième paire de chaussettes pour que vous puissiez retirer vos chaussures sans avoir froid aux extrémités.


- L’air de la cabine reste frais. Même si vous partez sous les tropiques, n’oubliez pas le pull pour votre vol.


- Évitez de boire de l’eau gazeuse avant le départ et de manger trop gras pour éviter un inconfort intestinal.


- Prévoyez un petit coussin pour le confort de votre cou.


- En cas de petit creux, vous pouvez glisser avant le départ des barres de céréales dans votre sac à main, surtout si vous n’êtes pas fan des menus servis dans l’avion.



Je surfe sur…

Flying.doctors.org

Le site du docteur Gilles Perrin pour retrouver ses conseils aux voyageurs : www.medsyn.fr


«70 cas d’embolies pulmonaires ont été recensés entre 1984 et 1998 par le Service médical des aéroports de Paris.» 
Article publié par Louise Castillon le 20/07/2011 - e-sante.fr

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